Faits intéressants sur l’identité et la société kirghizes
Pourquoi les Kirghiz ont-ils une apparence asiatique, parlent-ils russe et pratiquent-ils l’islam ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes posées par les voyageurs visitant le Kirghizistan. La réponse se trouve dans l’histoire longue et complexe de la région.
The Kyrgyz are a Turkic ethnic group, but their appearance has evolved over centuries of migration, intermarriage, and assimilation. Ancient Chinese records described the early Kyrgyz — particularly those of the Yenisei Kyrgyz in southern Siberia — as light-skinned, with green or blue eyes and even red or blond hair. However, over time, as they migrated southward and came into contact with Mongolic, Chinese, and Central Asian populations, the Kyrgyz people gradually adopted more East Asian (Mongoloid) features, typical of the region today.
Ces siècles de métissage culturel et génétique ont façonné l’identité kirghize moderne : un mélange de langue turcique, de traditions nomades, de foi islamique et d’une apparence centrasiatique.
L’arrivée de l’islam au Kirghizistan
Avant l’islam, les Kirghiz pratiquaient le tengrisme, un système de croyances animiste et chamanique fondé sur le respect de la nature, des esprits ancestraux et du ciel éternel (Tengri). Des éléments de cette vision du monde subsistent encore aujourd’hui dans le folklore et les coutumes kirghizes.
L’islam a commencé à se diffuser en Asie centrale aux VIIIᵉ–IXᵉ siècles, à la suite des conquêtes arabes. Toutefois, en raison du mode de vie montagnard et nomade des Kirghiz, ainsi que de leur organisation tribale décentralisée, l’adoption de l’islam fut lente et progressive. La religion s’est propagée principalement par les routes commerciales, notamment la Route de la Soie, grâce aux érudits itinérants, aux mystiques soufis et aux marchands. Ce processus s’est étalé sur plusieurs siècles et a davantage reposé sur les échanges culturels que sur la conquête militaire.
Aujourd’hui, l’islam pratiqué au Kirghizistan est généralement modéré et localisé. Bien que la majorité de la population se considère musulmane, de nombreuses pratiques religieuses sont mêlées à des traditions ancestrales. Les femmes portent souvent un simple foulard (jooluk) plutôt qu’un voile intégral, et l’alcool est légalement vendu et largement consommé. Le Kirghizistan est un État laïc, et la religion est séparée du pouvoir politique.
Pourquoi le russe est-il si largement parlé au Kirghizistan ?
La langue russe s’est imposée durant la période soviétique, lorsque le Kirghizistan faisait partie de l’URSS (de 1936 à 1991). Le russe était alors la langue officielle de l’administration, de la science, de l’éducation et des médias dans toutes les républiques soviétiques. Pendant plus de 70 ans, il a servi de langue principale de communication interethnique.
Après l’indépendance en 1991, le Kirghizistan a conservé le russe comme langue officielle, aux côtés du kirghiz. Aujourd’hui, le russe reste très utilisé dans les villes, les institutions publiques et l’enseignement supérieur. Il permet également un accès élargi aux médias internationaux, à l’information et aux marchés du travail — en particulier en Russie et au Kazakhstan.
Parallèlement, les efforts pour préserver et promouvoir la langue kirghize se sont intensifiés ces dernières années, notamment dans l’éducation et les médias. Le pays soutient aussi l’enseignement multilingue : l’anglais, le turc, le chinois et l’allemand sont enseignés comme langues étrangères dans de nombreuses écoles.
Pourquoi voit-on autant de voitures et de smartphones coûteux dans un pays aux revenus moyens modestes ?
Ce paradoxe surprend souvent les visiteurs étrangers. Bien que les salaires et les pensions soient relativement bas — surtout dans les zones rurales — plusieurs facteurs expliquent cette richesse visible :
Migration de travail – De nombreux Kirghiz travaillent à l’étranger (principalement en Russie, au Kazakhstan et en Corée du Sud) et envoient de l’argent à leurs familles. Ces transferts jouent un rôle majeur dans l’économie locale.
Économie familiale – Beaucoup de foyers combinent emplois officiels, agriculture, élevage ou petites entreprises familiales, diversifiant ainsi leurs sources de revenus.
Structure sociale – Les familles kirghizes mettent souvent leurs ressources en commun pour acheter une voiture, un logement ou financer les études. Les liens familiaux forts servent de filet de sécurité sociale informel.
Fiscalité et réglementation souples – Les taxes sur les voitures importées sont relativement faibles et l’assurance automobile n’est pas obligatoire, ce qui rend l’accès à la voiture plus facile.
Priorités culturelles – Posséder une voiture moderne ou un smartphone est souvent perçu comme un symbole de réussite et de respect de soi, même avec des revenus modestes.
Ainsi, malgré les défis économiques, de nombreux Kirghiz parviennent — grâce au soutien familial, aux revenus de l’étranger et à leur travail — à maintenir une bonne qualité de vie.